Une passerelle entre romans et BD

Le 9e art occupe une place de choix dans le festival Faites-Lire. Rencontre avec Mathias Vincent, directeur de la collection Le Lombard x Gallmeister, éditions associées pour adapter des romans en bande dessinée.

Quelle est l’histoire de votre maison d’édition et comment a-t-elle évolué ?

Le Lombard est une maison d’édition historique par sa longévité. Elle a été créée au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour publier le Journal Tintin. Elle a évolué jusqu’à nos jours, au gré des changements des habitudes de consommation (passage en albums cartonnés, non-fiction, roman graphique, etc.), sans renier ses origines et son glorieux passé. Aujourd’hui, la politique éditoriale du Lombard témoigne d’une double envie : d’une part, défendre un peu mieux les titres en réduisant la production de nouveautés. D’autre part, nous voulons être éclectiques. Le public est pluriel et nous ne nous interdisons rien pour nous positionner comme un éditeur généraliste.

Combien d’auteurs votre maison d’édition accompagne ?

Nous publions entre 70 et 80 titres par an. Si on compte deux auteurs par album, scénario et dessin, ça fait déjà entre 140 et 160 auteurs. Si on ajoute les coloristes, le chiffre grimpe encore. Mais surtout, si on compte tous les auteurs des albums publiés les années précédentes, que nous continuons de défendre parce qu’ils participent à notre patrimoine depuis la création de la maison, je vous laisse faire le calcul…

Comment se déroule la découverte de nouveaux auteurs ? Comment les accompagnez-vous ?

Il y a autant d’historiques avec les auteurs qu’il y a de projets…chaque rencontre est unique. Parfois, un auteur nous envoie son projet. Parfois c’est l’éditeur qui contacte un auteur. Parfois le contact se fait via un autre auteur, parfois grâce à une rencontre fortuite, parfois par un heureux hasard au fil de l’algorithme des réseaux sociaux… Il en va de même pour l’accompagnement. Certains auteurs ont besoin de plus de liberté, d’autres d’être suivis au plus près. Certains ont besoin d’aide dans la construction narrative, d’autres pour les choix de couleurs… Éditer, c’est une relation artistique et commerciale entre un éditeur et un auteur, mais c’est avant tout une aventure humaine. Pour chaque aventure, c’est à nous de nous apprivoiser et de trouver ce dont l’autre a besoin pour évoluer au mieux et proposer, au final, le meilleur album possible.

Combien recevez-vous de manuscrits ?

Plusieurs centaines par mois.

Pourquoi est-ce important d’être présent à Faites Lire ?

Parce qu’aujourd’hui plus que jamais, il faut faire lire. Le livre est dans le dur, c’est à nous de trouver des solutions pour faire revenir les gens à la lecture. Vous en avez fait votre nom, nous en avons fait notre combat. Cette collection Gallmeister des éditions du Lombard a été imaginée pour créer des passerelles entre les lecteurs de romans et les lecteurs de BD mais aussi pour attirer à la lecture des personnes qui auraient plus de frilosité à se lancer dans un roman de 600 pages. Il faut faire lire !

Et pour Samuel Chauveau et la librairie Bulle, aussi, bien sûr. Troisième merveille du Mans après la cathédrale et les rillettes.

L’évènement

Soirée spéciale sur la BD avec « Quand la littérature s’illustre », une table ronde signée Le Lombard X Gallmeister :

  • Vendredi 2 octobre
  • 18h30
  • Salle des concerts

Gratuit, sur réservation.